1. Généralités
La majeure partie des utilisateurs est désormais conditionnée à l’appel d’un traitement de texte chaque fois que la question d’élaborer un contenu rédactionnel se pose à elle.
Ce réflexe présente certes l’avantage de fournir aux néophytes une même interface qui va leur permettre de saisir puis de mettre en page et d’imprimer un courrier, un rapport et toutes sortes d’objets à vocation papier. Mais il présente l’inconvénient d’habituer les utilisateurs à des méthodes d’autant plus irrationnelles sur le plan informatique, qu’elles les rendent dépendants des éditeurs commerciaux ayant réfléchi cette ergonomie.
Pour les débutants les ennuis ne commencent que lorsque la tâche à réaliser suppose le simple transfert du contenu dans un logiciel tiers ; par exemple lorsqu’ils tentent de copier/coller le texte de leur document Word ® dans une étiquette de texte de Photoshop ®, dans un article de Quark-Xpress ®, d’Adobe Indesign ® ou dans la fenêtre d’édition d’article de SPIP.
On découvre alors que le traitement de texte ajoute systématiquement des caractères non-imprimables [1] dans les contenus, et que ces derniers ont une fâcheuse tendance quoique n’étant pas visibles, à perturber grandement les conditions d’affichage et de rendus dans les logiciels tiers.
Cette anomalie qui n’en est pas une, nous révèle outre une distinction de choix d’outil du débutant au professionnel, un acquis plus général fâcheux en terme de méthode de travail. L’habitude du traitement de texte s’accompagne d’une propension à agréger dans son travail la mise en oeuvre du contenu et sa présentation. Et elle explique tout autant la prolifération de contenus approximatifs que leur surcharge fréquente.
Le recours à un éditeur de texte est sûrement si limité de nos jours en partie, parce que celui fourni par le système d’exploitation dominant le marché est si limité qu’on a peine à imaginer qu’il puisse servir à autre chose qu’à noter la liste de ses courses ou noter une citation dans un coin de son ordinateur.
Or l’éditeur de texte est l’un des principaux outils de l’informaticien. Pour le programmeur d’abord, c’est l’outil avec lequel il va écrire le code source qui deviendra programme, et c’est tout autant l’outil de base qui lui servira à documenter le-dit programme et pour ses autres développeurs et pour ses utilisateurs destinataires.
On imagine bien que pour le code source d’un programme, dissimuler des caractères non-imprimables présenterait l’inconvénient de voir interprêter de manière complètement imprévisible l’exécution du-dit code. En réalité, bien que s’appliquant à des usages distincts, c’est précisément ce phénomène qui se produit lorsqu’on entre du source Word ® dans tout outil complexe qui va l’interprêter.
Nous vous conseillons donc de recourir à un éditeur et non à un traitement de texte pour élaborer vos contenus.
Pour concevoir comme saisir un rédactionnel, votre éditeur de texte va se révèler peu à peu l’idéal parce qu’il ne va sauver que l’essentiel :
les caractères et leur distinction majuscules/minuscules ( ce qu’on appelle la casse) ;
la ponctuation ;
les retours à la ligne.
Note : aspect informatique verte :
Les éditeurs de texte sont des logiciels infiniment plus légers que les logiciels de traitement de texte associées ou non aux suites bureautique.
Il en résulte que leur consommation en ressources mémoire et processeur sont nettement moindre et donc lorsque vous les utilisez vous consommez moins d’énergie.
Ceci confère à leur utilisation une certaine cohérence avec le concept d’informatique verte.
2. Récupération
Pour disposer d’un éditeur de texte digne de ce nom sous MS Windows ® nous vous conseillerons deux outils :
PSPad : un freeware plutôt complet et pratique.
Notepad++ : très complet lui aussi et qui de surcroit est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.
Pour macosX :
Smultron : éditeur de texte libre sous licence GNU/GPL
Pour GNU/Linux, vous avez l’embarras du choix ! :
kate est un excellent outil KDE dont les navigateurs incorporés, les plugins et la coloration syntaxique vous assurent un confort substantiel.
,etc. le choix parmi les éditeurs libres fournis pour linux est si étendu qu’il est impossible de le détailler ici. Citons quand-même Leafpad, un éditeur minimaliste très bien adapté à la préparation de contenus rédactionnels.
3. Un nouveau confort de travail
Si vous avez la sagacité de vouloir expérimenter la conception de votre contenu à l’aide d’un éditeur de texte, vous comprendrez rapidement l’impact que cette expérience va avoir sur vos méthodes de travail.
plutôt que de créer des documents volumineux, vous allez peu à peu acquérir la bonne habitude de décomposer vos contenus en fonction de leur sens, en créant autant de petits fichiers que nécessaires pour clarifier vos propos :
par exemple pour décrire un projet, plutôt que d’utiliser un gros document regroupant tout, vous pourrez créer un fichier pour l’introduction, un fichier pour en décrire les buts, un autre pour résumer ses statuts, etc. Vous rangerez vos fichiers dans des répertoires dont par ailleurs la duplication ne posera aucun problème de volume de données et de transmission, aisément compressibles et totalement "portables" c’est-à-dire, au gré de vos besoins, réutilisables dans n’importe quel logiciel sous n’importe quel système !
Vos relectures et ré-écritures seront elles aussi plus fines car vous vous concentrerez sur le contenu en lui-même et sa structuration, en amont de toute considération de "mise-en-forme", ce qui bien sûr vous évitera dans bien des cas de "manquer" certaine coquilles ou maladresses.
4. Caractères UTF-8
Au-delà, les éditeurs de textes décrits sont tous, contrairement à l’anémique Notepad Windows ®, paramétrables.
UTF-8 est une norme ISO de table de caractères intégrant la plupart des signes appartenant aux langues du globe. Un des grands avantages à y avoir recours c’est de garantir par exemple, qu’en lieu et place du é ou è accentués de langue française, et sans nécessité d’user de codes html de type é ou è, les chinois, les coréens ou les grecs ne voient pas s’afficher des caractères klingons et puissent sans problème lire avec fluidité vos contenus francophones. [2]
Nous vous invitons donc à paramétrer vos éditeurs de texte en vous assurant d’éditer et de sauvegarder vos fichiers en ayant recours à cette norme (Chartset UTF-8).
[1] Les caractères non-imprimables sont les symboles de tabulation automatique, de fin de phrase, de styles, etc. qui dans le texte lui-même n’apparaissent pas mais s’adressent au logiciel de traitement de texte pour conditionner justement son ’traitement’.
[2] Notez que l’écriture de vos textes et source en UTF-8 ne dispense pas la machine cliente de devoir intégrer des polices de caractères liguistiques correspondantes (polices chinoises ou japonaises, par exemple) pour s’afficher correctement ; celà constitue juste un pré-requis à une interprêtation valide des codes pour chaque caractère.
On lit ça et là des militants du logiciel libre, mettre en avant les facilités offertes par la suite bureautique OpenOffice.org. Bien qu’étant effectivement un logiciel libre pouvant rivaliser avec MS Office®, cette suite n’est pas plus adaptée à une évolution dans la pratique de la communication en ligne adoptée par les débutants ; ceci d’autant plus que de la même manière, elle s’efforce de gommer la nécessité impérative de l’apprentissage de leur part d’un minimum de connaissances, pour gérer avec méthode et économie de moyens leurs données numériques.
Ainsi par exemple, certains croiront suffisant d’exporter leurs documents au format html pour en faire des pages web, imaginant que le format.odt constituerait une espèce de format pivot plus évolué que le format .txt évoqué dans cet article. Notez qu’il n’en soit rien et que d’autre part, contrairement jusqu’ici au format .odt, le format .txt soit reconnu et lisible sur tous les navigateurs internet existant sur le marché.